Diversité des trajectoires

Chaque exploitation laitière a son histoire, son rythme, ses choix. C’est ce que les Journées Énergisantes organisées par le BTPL, organisées du 3 au 5 décembre 2025 à Niort, ont une fois de plus mis en lumière : derrière les chiffres de production se cachent des femmes et des hommes qui construisent, adaptent, innovent. Pendant trois jours, les 200 participants venus de toute la France ont visité des élevages, échangé avec leurs pairs et découvert des façons de produire du lait aussi variées qu’inspirantes. Retour sur deux parcours qui ont marqué les esprits !

Tous les trois ans, le BTPL réunit éleveurs, conseillers et professionnels de la filière lors de ses « Journées Énergisantes ». Trois jours d’échanges, de visites et de rencontres, autour d’une conviction simple : en élevage laitier, le partage d’expériences est l’un des meilleurs leviers de progrès. La dernière édition s’est tenue du 3 au 5 décembre 2025 à Niort, dans les Deux-Sèvres, sous le thème « Oser en élevage laitier ». Parmi les exploitations visitées, deux ont particulièrement illustré la richesse et la diversité des trajectoires en élevage laitier.

Le GAEC Lactagri impressionne par son envergure : sept associés pour 224 vaches laitières, 2,3 millions de litres de lait produits par an sur près de 780 hectares. Un modèle de grande structure qui a fait de l’organisation collective son principal levier de performance.

En 2022, l’exploitation a franchi un cap décisif en regroupant cinq sites sur un seul. Ce regroupement a permis de simplifier la logistique quotidienne et de gagner en efficacité : « On a gagné du temps et réduit la pénibilité », souligne Thomas SABOURIN l’un des associés. Dans la foulée, la construction d’un nouveau bâtiment a amélioré les conditions de travail pour l’équipe et le bien-être animal.

Au-delà de l’organisation, l’engagement dans l’AOP Beurre Charentes-Poitou a imposé un cahier des charges rigoureux, mais a permis de mieux valoriser la production. Trouver la bonne formulation de ration n’a pas été immédiat : « Ce sont souvent les détails de conduite alimentaire qui, mis bout à bout, font évoluer le système. » L’alimentation aujourd’hui stabilisée permet d’atteindre des objectifs précis, autour de 37 kg de lait par vache et par jour.

Thomas a également livré ce conseil aux participants : « Il ne faut pas rester seul. Travailler à plusieurs permet de mieux faire face aux coups durs. C’est un vrai facteur de sécurité et de durabilité dans le métier. »

Bastien CHARRE, associé du GAEC Le Grand Pré avec ses parents, offre une vision singulière du métier : 135 vaches laitières, 1,2 million de litres de lait, 149 hectares, le tout fonctionnant avec 3 UMO*. Aujourd’hui, il se projette dans une nouvelle organisation : seul aux commandes, entouré de salariés et cette perspective a profondément changé sa façon d’envisager l’exploitation.

C’est à la suite de l’échec d’un projet d’association qu’il a dû tout remettre à plat. « Le déclic a été de se rendre compte que le système reposait trop sur une seule personne. » Accompagné par le BTPL via un audit travail, il a repensé son organisation en profondeur : répartition des tâches, plannings sur quinze jours, tableaux de suivi, point d’équipe chaque matin. L’objectif : que chacun gagne en autonomie et que le travail reste fluide, quelle que soit la configuration.

Côté technique, le choix d’abandonner les robots de traite au profit d’une salle de traite classique a surpris plus d’un visiteur. La réponse de l’éleveur est directe : « C’est plus simple, plus lisible, et aujourd’hui ça correspond mieux à notre façon de travailler. » Dans ce cas, la modernisation est passée non par davantage de technologie, mais par une meilleure adéquation entre l’outil et les hommes qui l’utilisent.

Rendez-vous dans trois ans pour la prochaine édition des Journées Énergisantes.

*UMO : Unité de Main d’œuvre