Prix du lait en hausse, produit viande en forte progression, charges stabilisées : en 2025, le revenu disponible par actif a progressé de 46 %. Retour sur les prix d’équilibre 2025 analysés par le BTPL dans six grandes régions laitières. Comment se projeter avec une conjoncture 2026/2027 plus incertaine et plus tendue ?
Le BTPL a analysé 282 prix d’équilibre 2025 auprès des adhérents Ecolait, toutes laiteries confondues, dans six grandes régions laitières (élevages conventionnels, hors AB et AOP). Cette base de travail offre une photographie précise, exploitation par exploitation. Elle permet d’identifier les facteurs à l’origine des écarts de revenu, plutôt que de s’en tenir à une moyenne nationale.
La présentation ci-dessous est régionale. Cette synthèse peut aussi être déclinée selon d’autres critères : part d’herbe dans la ration, filière non OGM, Bio, zone de montagne, robot de traite, nombre de vaches…
Des produits plus élevés dans le Sud

Graphique n°1 : Total des produits de l’atelier lait (€/Ml) selon les régions prédéfinies pour l’étude
Les régions du Sud, en particulier le Sud-Est, se distinguent par leurs produits : le prix du lait et le produit viande y sont supérieurs de 10 à 20 €/1 000 L à ceux des autres régions. Les aides y sont aussi plus marquées. Les élevages sont majoritairement situés en zone défavorisée ou en zone de montagne, avec un potentiel agronomique plus faible, que ces aides viennent compenser.
Des charges plus élevées que les années passées

Graphique n°2 : Charges opérationnelles et de structures selon les Grandes Régions (€/ML).
Côté charges, le niveau reste plus élevé que les années passées. Les charges opérationnelles restent la principale source de variation d’une année sur l’autre. La mécanisation constitue aussi un poste de coûts important, de 55 à 90 €/1 000 L. La main-d’œuvre vient ensuite, avec 42 à 54 €/1 000 L.
Deux logiques de système
Ces écarts renvoient aussi à des choix de système. Chaque éleveur définit sa propre stratégie pour produire du lait. Miser sur le volume et la productivité est la stratégie majoritaire dans le Nord et l’Est. Les éleveurs qui misent davantage sur la valorisation des produits et sur une approche plus économe sont plus nombreux dans le Sud et l’Ouest.
La productivité à la vache, à l’élevage et à l’unité de main-d’œuvre a beaucoup progressé ces dernières années. En 2025, elle a été portée par la conjoncture : un prix du lait intéressant et des concentrés abordables.
2025, une année favorable
Le prix du lait a poursuivi sa progression, et le produit viande a bondi de 45 % en un an. Les charges, elles, se sont stabilisées. La capacité d’autofinancement a presque triplé, et le revenu disponible par actif a progressé de 46 % sur la seule année 2025.
Une base au service des éleveurs et de la collecte
Cette base « prix d’équilibre » sert aussi de support à des comparaisons plus fines, par exemple entre systèmes robot de traite et salle de traite. Le robot est plus productif sur tous les critères techniques. Mais cet écart ne se traduit pas mécaniquement en écart de revenu disponible, une fois les charges d’investissement prises en compte.
Le BTPL l’utilise aussi pour projeter les résultats dans le temps et simuler l’impact de la conjoncture 2026 et du début de 2027. Cette capacité d’anticipation est précieuse à deux niveaux. Individuellement, elle permet d’accompagner les producteurs dans leurs choix d’investissement, entre modernisation de l’outil de production, amélioration du confort de travail et maintien d’une sécurité économique. Collectivement, elle éclaire la collecte sur les volumes attendus et sur les attentes des producteurs.
